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Quatre mois avec sursis pour la propriétaire d'un gîte qui avait refoulé des femmes voilées
10/10/2007
EPINAL (AFP) — La propriétaire d'un gîte vosgien, qui avait refoulé une cliente et sa mère parce qu'elles portaient le voile, a été condamnée mardi à quatre mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Epinal.
Yvette Truchelut, dite Fanny, avait refusé en août 2006 l'accès à son gîte situé à Julienrupt (Vosges) à la plaignante Horia Demiati ainsi qu'à sa famille, parce que sa mère et elle ne voulaient pas ôter leur voile comme la propriétaire de l'établissement le leur avait demandé.
L'avocat de la propriétaire du gîte a indiqué que sa cliente avait fait appel du jugement.
"Ma cliente a fait appel juste après le rendu de la décision", a déclaré Me Alexandre Varaut, qui a trouvé "regrettable" que "le tribunal fasse une équivalence entre le foulard et la religion".
"Nous demanderons donc à nouveau à la cour de dire qu'on peut refuser le voile sans refuser la religion, comme ça a été le cas dans de nombreux pays musulmans au cours du XXème siècle", a observé Me Varaut.
Poursuivie pour discrimination en raison de la religion, l'origine ou la race, Mme Truchelut s'était défendue en assimilant le voile à "un instrument de soumission et d'oppression de la femme", qu'elle ne souhaitait pas voir porter dans les parties communes de son établissement.
"Le voile, je le mets où je veux", lui avait répondu Horia Demiati à l'audience, précisant que la propriétaire ne lui avait "jamais parlé de partie commune".
Le tribunal a également condamné Mme Truchelut à verser 3.000 euros de dommages et intérêts à la plaignante, Mme Demiati et à deux membres de sa famille (1.000 euros chacun) et 800 euros à la Ligue des droits de l'homme (LDH) ainsi qu'à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et au Mouvement contre le racisme et l'amitié entre les peuples (Mrap), qui s'étaient portés partie civile.
"Quel que soit le jugement que l'on peut avoir sur le port du voile, rien ne justifie qu'une femme et sa famille soient traitées de cette manière", a commenté la LDH, qui a rappelé dans un communiqué que "la laïcité de la République implique le respect de la liberté de conscience".
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islam2007
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